Une fois n'est pas coutume, dans le contexte économique et financier assez déprimant que nous connaissons ces derniers mois, la Bibliothèque Sonore Romande (BSR) se montre positive et confiante envers l'avenir qui se dessine.
Pourquoi nage-t-on à contre-courant nous direz-vous? Tout simplement parce que tous les messages sont encourageants, ou du moins les considère-t-on comme tels, en raison notamment de l'excellence des collaborations et des synergies que l'on a pu développer avec divers partenaires au cours de l'année écoulée.
Après la mise sous toit de la loi fédérale sur le droit d'auteur et les droits voisins par les deux Chambres du Parlement fédéral, il s'agissait de savoir à quelle sauce les bibliothèques spécialisées allaient être dévorées par l'organisme désigné pour défendre les intérêts des créateurs, en l'occurrence ProLitteris. En effet, depuis toujours nous nous situions dans une zone grise extrêmement difficile à gérer, aussi bien vis-à-vis des éditeurs et des auteurs, que vis-à-vis des sponsors et des organismes qui soutenaient nos activités et qui souhaitaient obtenir des garanties quant à la pérennité de l'institution et à la conformité de notre activité sur le plan légal. Aujourd'hui, comme on le dit de manière triviale, tout roule et les négociations avec l'organe faîtier de la défense des intérêts des auteurs sont en voie d'achèvement. Les résultats finaux ne sont pas encore connus, mais nous les espérons favorables, c'est-à-dire acceptables pour la survie à long terme de la BSR.
Comme j'ai déjà eu l'occasion de vous en parler dans de précédents billets, la collaboration avec des institutions semblables à la nôtre est indispensable pour assurer un développement rationnel et coordonner les prestations délivrées. Sur le plan régional, après un début, dirons-nous délicat, les contacts réguliers ont fini par assurer une entente cordiale. Cette atmosphère favorable a été d'autant plus facile à affermir que les institutions de langue française ont senti l'obligation de faire front face aux velléités de constitution d'une bibliothèque nationale. En effet, la défense de la culture francophone minoritaire nécessite l'adoption de positions communes pour éviter l'hégémonie culturelle alémanique que nos amis zurichois ont constamment tendance à imposer comme modèle pour l'ensemble de la Suisse. Je peux donc affirmer que les Romands, certes peut-être un peu contraints par les événements, ont réussi à raffermir leur unité face à un impératif supérieur à l'exigence du maintien des diversités régionales.
Bien entendu, je ne veux pas terminer ces notes prometteuses pour un avenir plus serein et plus solide du point de vue juridique et organisationnel sans adresser mes plus chaleureux remerciements à tous ceux et à toutes celles qui ont contribué, grâce à leurs participations financières ou à leur travail, à pérenniser l'offre de prestations de la BSR.
Pully, le 22 avril 2009 Remo Kuonen